• Guillaume Apollinaire "Les Fenêtres"

    Les Fenêtres

    Du rouge au vert tout le jaune se meurt
    Quand chantent les aras dans les forets natales
    Abatis de pihis
    Il y a un poème à faire sur l'oiseau qui n'a qu'une aile
    Nous l'enverrons en message téléphonique
    Traumatisme géant
    Il fait couler les yeux
    Voila une jolie fille parmi les jeunes Turinaises
    Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche
    Tu soulèveras le rideau
    Et maintenant voilà que s'ouvre la fenêtre
    Araignées quand les mains tissaient la lumière
    Beauté pâleur insondables violets
    Nous tenterons en vain de prendre du repos
    On commencera à minuit
    Quand on a le temps on a la liberté
    Bigorneaux Lotte multiples Soleils et l'Oursin du couchant
    Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre
    Tours
    Les Tours ce sont les rues
    Puits
    Puits ce sont les places
    Puits
    Arbres creux qui abritent les Caresses vagabondes
    Les Chabins chantent des airs à mourir
    Aux Chabines marronnes
    Et l'oie oua-oua trompette au nord
    Où les chasseurs de ratons
    Raclent les pelleteries
    Étincelant diamant
    Vancouver
    Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit l'hiver
    Ô Paris
    Du rouge au vert tout le jaune se meurt 
    Paris Vancouver Hyères Maintenon New York et les Antilles
    La fenêtre s'ouvre comme une orange
    Le beau fruit de la lumière


    I/ Légende :

    Couleur Brute : le jaune est associé au "feu", le vert à la forêt.

    Problème d'Identification

    Engage le lecteur à ouvrir la fenêtre est d'aller chercher la cohérence

    Evocation brute, absence de verbes déterminants

    Sombre, peur

    Lien, recadrage du poème.

    II/ Les Fenêtres :

    Chant : problème d'inspiration poétique, work in progress (l'oeuvre entrain de se faire) (Les faux monnayeurs de Gide).

    Absence de ponctuation, entre le vague et précisition, mais signe de vers; fragmentation d'1 sens mais continuité.

    1 décasyllabe et alexandrin = confusion.

    Nature : réalité, tps lien et divers.

    Conclusion : lumière différent de sens, perception, mouvement et son.

    III/ Idée de Plan détaillé :

    I) Tableau Cubiste

    a)Esthétique

    Ekphrasis : science traditionnelle, bcp d'images, de métaphores. Faire et construire 1 tableau.

    Les Fenêtres = construction de son, d'1 tableau (cf.Baudelaire et Mallarmé)

    Notations exotiques "cabines marrones" "Antilles" "Oie oua-oua"(animaux sauvages d'Amérique Latine) = choix de recherches exotiques.

    Le corps mis en scène "jeune fille" "jeune homme" : lecture d'1 tableau : lecture d'1 thème pictural.

    b)Composition Cubiste

    Les fenêtres : titre de l'oeuvre de Robert.

    Motif : rideau, le choix des couleurs, brut juxtaposé, tous les objets évoquent une vibration colorée.

    Absences de verbes, déterminants, mots de liaison. Evocation brute, vers réduit à 1 mot.

    c) Un Pinceau poétique

    Travail de répresentation d'objets qui vient d'1 art de la poésie, recherche de lumière picturale.

    Travail de métaphores due à 1 travail cubiste : le Kaléidoscope. Il y a un isolement de l'objet (majuscule) "Araignées quand les mains tissent la lumière" : chaque objet est associé à la lumière, le poème se boucle sui lui même. Ce qu'on appliquait au tableau cubiste - transfert.

    II/ Désorganisation de sens

    a) Déconcertation

    La perspective est abolie. Construit et arrête les phrases. Désordre, donc le lecteur doit s'inventer un ordre car il n'y a pas une unité de lecture.(juxtaposition des sens)

    Décors, tous les indices temporels ont perdu les boussoles : éclatement des moments : minuit/jour.

    Tps : présent, passé et futur.

    "Les Ondes" téléphonique, dramatisation de la personne.

    Déconstruction au sens, passagère si le lecteur accepte.

    III/ Pouvoir Poétique

    a)A la fenêtre du poème

    Allusion au chant. Poème se réfléchit lui même. Tout un travail de cadrage, cela se reflète sur ses vers. Il n'y a pas de sens linéaire. Le seule chose qui reste, c'est le son. Assonances et allitérations. Il a crée son unité.


  • Commentaires

    1
    Lucie
    Dimanche 20 Mars 2011 à 13:58
    Très bonne analyse !
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